Tsipras : l’ennemi du peuple Grec

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Alexis Tsipras a du jubiler intérieurement lors de l’annonce des résultats du référendum Grec. 61% des Grecs ont voté en faveur du non, soutenu par le premier ministre. Rappelons le, Tsipras avait quitté la table des négociations à Bruxelles quelques jours plus tôt, agissant comme un enfant pourri gaté…. Avec les efforts déjà consentis par l’Europe pour soutenir la Grèce, agir de la sorte est un comportement indigne ! Ne l’oublions pas, les deux parties ont intérêt à trouver une solution si elles veulent éviter un saut dans l’inconnu engendré par un Grexit.


La partie de poker menteur de Tsipras



Contrairement à ce qu’on a pu lire dans de nombreux médias, les mesures proposées n’avaient pas pour but pas d’imposer à la Grèce une simple nouvelle cure d’austérité, mais de faire accepter un plan de reforme structurel adapté pouvant conduire à la reprise à moyen/long terme de l’économie Grecque. 

Ce n’est pas non plus le message qu’Alexis Tsipras a fait passer au peuple Grec. Il a présenté les réformes proposées par l’UE comme de nouvelles mesures d’austérité dont le seul but est de réduire les dépenses de l’Etat (ce qui entrainera donc une nouvelle baisse des retraites, salaires…). Certes, de nouvelles coupes budgétaires sont nécessaires pour assainir les finances Grecques mais la n’est pas la finalité du plan proposé par l’UE.

Si Alexis Tsipras a réussi cette manipulation, c’est bien évidement du fait de la situation du peuple Grec. Depuis plusieurs années, les Grecs doivent consentir de nouveaux efforts très douloureux pour éviter la faillite du pays. De nombreux Grecs font face à la misère aujourd’hui. Il fallait trouver un bouc émissaire à cette situation et le gouvernement Grec n’a pas eu à chercher bien loin…. C’est l’Union Européenne ! 

Une grande majorité de Grecs sont haineux contre l’UE. Ils estiment qu’on leur a fait perdre leur dignité en leur demandant toujours plus d’austérité (coupe de 30% dans les salaires et les retraites ce qui n’est pas rien….) pour au final n’obtenir aucun résultat. Je les comprends ! Mettez vous à leur place et vous verrez qu’il est tout à fait compréhensible de réagir ainsi. Il ne faut pas blâmer le peuple Grec d’avoir cette réaction, ni même de voter non au référendum. Ce ne sont pas eux les responsables, ils sont victimes dans cette histoire….


Une part de responsabilité partagée



La Grèce et l’Union Européenne ont tous les deux leur part de responsabilité dans les événements aujourd’hui.

L’Europe est responsable dans le sens ou les banques ont prêté massivement à la Grèce dans le but de gonfler leur profit à court terme. Mais qu’on n’aille pas me dire qu’elle n’était pas au courant de la situation économique dans laquelle se trouvait la Grèce depuis plusieurs années. Depuis l’éclatement de la crise de 2008, l’économie Grecque s’est effondrée sans jamais rebondir. Mais l’appât du gain était trop fort pour les banques et avec toutes les liquidités injectés par les banques centrales, il fallait bien placer cet argent quelque part…. 

Les gouvernements de l’Union Européenne sont également responsable de ne pas avoir réagit plus tôt. C’est toujours quand l’on est devant le fait accompli que l’on cherche des solutions. Le monde politique ne connait pas l’anticipation, il ne fait que subir. Infliger à la Grèce durant des années des plans d’austérité sans aucune réforme structurelle (alors que le pays était déjà au bord de la faillite), c’est scandaleux et irresponsable ! C’est d’ailleurs de la que vient la haine des Grecs envers l’UE et c’est ce qui a conduit Tsipras au pouvoir. Si l’UE avait proposé le plan de réforme actuel il y a quelques années, le peuple Grec l’aurait accepté sans broncher !

Mais l’UE n’est pas le seul responsable. Si la Grèce est dans une telle situation, elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même. C’est le fonctionnement de l’économie Grecque lui-même qui est à revoir entièrement. Depuis des décennies, l’économie est fondée sur la corruption, la fraude (qui représente tout de même 30% du PIB….), des dépenses non contrôlés (c’est l’un des pays qui compte le plus de fonctionnaires au monde par rapport au nombre d’habitant, loin devant la France….), un code du travail très coûteux (possibilité de partir à la retraite des 50 ans…)…. 

Les exemples de la mauvaise gestion du pays ne manquent pas ! Le responsable de tout ça, ce sont les différents gouvernements Grecs. Ils ont tous été plus incompétents que les autres et n’ont jamais eu le courage politique de réformer structurellement le pays (ca me fait penser à ce que nous vivons en France actuellement….). Résultat, c’est aujourd’hui l’UE qui doit s’en charger et qui passe auprès des Grecs pour le vilain petit canard.


Une situation qui a conduit Tsipras au pouvoir



Alexis Tsipras au pouvoir, c’est un peu comme avoir Jean Luc Mélenchon comme chef d’Etat en France. Si cela devait arriver un jour, je ne me cache pas pour dire que je quitterais la France le jour même. Tsipras et Mélenchon sont des idéologistes. Il ne s’agit pas de savoir si on est d’accord ou non avec leurs idées (l’idéologie c’est toujours beau, c’est toujours vendeur…) mais si les mesures qu’ils souhaitent prendre sont réalisables et viable économiquement pour la pérennité du pays. La réponse est non ! 

C’est bien la tout le problème en Grèce. C’est bien joli de promettre un bel avenir à son peuple comme le fait Tsipras. Il a été élu sur le principe que malgré que le pays soit au bord de la faillite, aucune autre mesure d’austérité ne sera prise. Dans le monde des bisounours, c’est possible mais malheureusement, la réalité est tout autre ! Malgré tout, les Grecs, désespérés sont tombé dans ce piège. Lorsqu’on voit des interviews de Grecs, beaucoup voient Tsipras comme leur sauveur, comme celui qui va changer la face du monde d’un coût de baguette magique. Encore une fois, on ne peut pas les blâmer au vu de qu’ils ont vécu et ce qu’ils traversent. Lorsque le peuple manque de lucidité et d’objectivité, c’est aux dirigeants de prendre leurs responsabilités. Mais Tsipras croit lui aussi qu’il va changer le monde, qu’il va faire plier ses créanciers, qu’il va obtenir tout ce qu’il veut. C’est le problème des idéologistes, il croit pouvoir tout changer alors que le monde n’est fait que de compromis….

Le premier ministre Grec, Alexis Tsipras, réagit émotionnellement à la souffrance de son peuple (il a quitté la table des négociations….). Au contraire de cela, il devrait être le plus objectif possible et accepter que le scénario idéal n’existe pas. Seulement, son idéologie l’en empêche. Il régit comme un Grec lambda à la différence que lui est au pouvoir. Dans son obsession de ne pas céder aux exigences de l’UE, il risque de faire plonger le peuple Grec dans une encore plus grande misère.


Quelles sont les solutions ?



Il est impossible de connaître l’issue que vous prendre les négociations entre l’UE et Alexis Tsipras. Dans tous les cas, le peuple Grec devrait une nouvelle fois consentir de nouveaux efforts. 

Solution 1 : le Grexit



Si Tsipras n’est pas décider à se plier aux exigences de l’UE, la Grèce quittera à terme la Zone Euro : c’est le Grexit (cf le Grexit une issue inévitable ?). La Grèce et la Zone Euro vont alors plonger dans l’inconnu. L’UE devra alors rapidement afficher clairement sa nouvelle ligne de conduite pour ne pas déstabiliser les marchés. A court terme, cela pourrait provoquer un mouvement de panique mais si la situation est bien gérée, cela peut être une occasion sans précédent de renforcer la cohésion économique et politique au sein de la Zone Euro. Tous les dirigeants ont déjà réfléchi à cette idée de préparer un éventuel Grexit. Espérons alors que l’UE saisisse bien l’occasion et ne subisse pas la nouvelle (ce qui pourrait avoir de terrible conséquence pour tous les pays…). L’important sera donc de rassurer les marchés financiers au plus vite pour éviter la panique. Quelle sera alors la ligne directrice de cette nouvelle UE (seuls les dirigeants le savent…)

Pour la Grèce, les conséquences seraient terribles puisque cela se traduirait par un arrêt net des aides de la BCE (qui soutien les banques Grecques). Le pays serait alors en faillite et le peuple Grec en subira les conséquences. Espérons alors que Tsipras perdent rapidement le pouvoir pour qu’un nouveau gouvernement se forme et fassent les réformes structurelles nécessaires au pays (réformes souhaité par l’UE aujourd’hui…). L’Islande a montré qu’il était possible de faire faillite et de voir son économie surmonté cet épreuve, mais cela s’est fait au prix d’importantes réformes structurelles…. Cela a été le cas de l’Espagne aussi qui était au bord de l’agonie il y a peu et qui affiche aujourd’hui un taux de croissance bien supérieur à tous les pays de la Zone Euro grâce à des reformes structurelles (notamment sur la flexibilité du travail…. Espérons que Hollande prenne exemple…)

Solution 2 : Tsipras accepte le plan de l’UE



Des reformes structurelles seront alors appliqués en Grèce. Sur le court terme, le peuple Grec devra accepter de nouvelles mesures d’austérité, faire de nouveaux sacrifices. Mais à terme, cette solution pourrait véritablement relancer l’économie Grecque et l’assainir. Le pays pourrait alors repartir sur de bonnes bases et tous les efforts consentis n’auront pas été vains.

Toutefois, Tsipras n’acceptera pas le plan de réformes tel qu’il l’est actuellement, surtout après le soutien offert par le referendum. De son côté, l’UE ne semble pas vouloir lâcher prise non plus sur les réformes demandées. Tout se joue donc sur la renégociation de la dette. Tsipras cherchent bien évidemment à ce que la dette grecque subisse un nouveau cut. Le FMI préconise d’ailleurs une annulation de la dette à hauteur de 30% pour que la Grèce puisse s’en sortir et appliquer efficacement les reformes structurelles.

L’UE de son côté ne veut pas de cette solution qui pourrait conduire d’autres pays à vouloir demander une annulation de leur dette. Cela serait également donner raison à Tsipras et ça, Merkel ne le veut surtout pas. Les Allemands et les pays du Nord de l’Europe ne souhaitent plus payer pour les autres. Demander au contribuable Européen de payer alors que les contribuables Grecques font tous de la fraude fiscale est difficilement acceptable et ca se comprend !


Conclusion



La responsabilité de cette crise est partagée entre l’UE qui a été trop laxiste et les différents gouvernements Grecques qui ont été incapable de gérer efficacement le pays. Alexis Tsipras tire aujourd’hui partie de cette situation déplorable pour manipuler les Grecs et assouvir sa soif d’être perçu comme le sauveur. En agissant ainsi, il nuit au peuple Grec. Ce n’est pas le peuple Grec qu’il faut blâmer, mais son premier ministre, Tsipras. L’Europe n’est pas non plus responsable de tout et il est normal qu’elle demande l’application de nouvelles réformes. On ne peut pas payer indéfiniment pour maintenir la Grèce en perfusion.

Tsipras n’arrive pas à comprendre cela. Quoiqu’il décide, le peuple Grec devrait consentir de nouveaux efforts et devra faire face à la misère. Seulement, avec un Grexit, cette situation pourrait durer très longtemps alors qu’accepter l’accord avec l’UE laisse entrevoir une issue pour une sortie de crise en Grèce sur le long terme.

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Auteur du livre "Trading à sens Unique" (consultable gratuitement sur CentralCharts)

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