Définition de la liquidité d'un titre

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Définition de la liquidité




La liquidité d'un titre évalue la capacité d'absorption d'un ordre d'achat / vente sur une valeur mobilière. Elle permet à un investisseur d'entrer ou de sortir rapidement du marché. Plus un titre est liquide, plus il y a de contrepartie à l'achat et à la vente et donc l'ordre est exécuté rapidement. La liquidité d'un titre dépend du nombre d'ordres passé par les opérateurs mais également de la quantité de l'actif financier disponible dans le carnet d'ordres. La liquidité d'un titre est donc étroitement lié aux volumes de transactions sur un actif financier. Généralement, plus les volumes de transactions et la capitalisation boursière sont importants, plus le titre est liquide. Par exemple, la liquidité est beaucoup plus forte sur les actions à fortes capitalisations que sur les small Caps

Comment se mesure la liquidité



La liquidité est fonction du nombre d'acheteurs et de vendeurs sur l'actif. Plus il y a d'acheteurs et de vendeurs actifs sur une valeur, plus la liquidité est importante.
On peut voir cette information en consultant le carnet d'ordres sur la valeur. La cotation de l'actif reflète le prix de la dernière transaction. Si l'écart entre le cours actuel et les premiers ordres à l'achat ou à la vente est important, c'est que l'actif est peu liquide. A l'inverse, si l'écart est faible, c'est que le titre est liquide.

Comment obtient-on de la liquidité sur un actif?



Pour être liquide, un actif doit être coté sur un marché organisé. Cela permet une concentration de l'offre et de la demande (donc des acheteurs et vendeurs) en une seule place de marché. Une entreprise non coté à une liquidité quasi nulle. Il n'y a très peu de transfert de titre (un associé qui vend ses parts...). Etre coté en bourse oblige l'entreprise à mettre à disposition une partie de ses titres au public. C'est ce que l'on appelle le capital flottant. Les échanges de titres sont alors plus nombreux entre les différents investisseurs, ce qui crée de la liquidité.

Plus un titre à forte exposition médiatique, plus il est connu et plus il y a d'échanges sur le titre. S'il y a seulement des investisseurs long terme sur l'actif, la liquidité reste faible. Il y a très peu d'échange de titres, ce qui est le cas sur les petites valeurs.

En revanche, sur une valeur du CAC 40 par exemple, il y a à la fois des investisseurs et des traders de court terme. Le trading d'une valeur permet de générer beaucoup de liquidité.

Les bienfaits de la liquidité



Sur un actif liquide, les échanges de titres entre les différents investisseurs sont nombreux. On parle alors de profondeur de marché. La liquidité est très variable selon les classes d'actifs (actions, indices, matières premières...) mais également selon l'actif choisi. Les actions du CAC40 sont par exemple des actions avec une fort niveau de liquidité alors que les actions Euronext Paris sur Alternext le sont beaucoup moins.

La liquidité apporte des avantages. D'une part, les coûts de transactions sont réduits du fait d'un resserrement des spreads. En effet, plus un marché est liquide, plus les contreparties sont nombreuses aussi bien à l'achat qu'à la vente.

La liquidité permet également de sortir de position rapidement et donc de dynamiser son portefeuille. Posséder un actif non liquide force l'investisseur à le conserver plus longtemps, ce qui peut donc influer sur la performance de son portefeuille boursier.

Le risque de liquidité



La liquidité des titres est au cœur des stratégies d'investissements pour les hedge funds. Un actif peu liquide constitue un risque pour le gestionnaire. Dans un premier temps il lui est difficile d'acquérir un nombre important de titres sans influer sensiblement sur le cours de l'actif. Son prix d'entrée moyen sur le titre résulte d'une moyenne à la hausse, ce qui signifie une perte de performance. A la sortie de position, c'est l'inverse qui se produit avec une moyenne à la baisse sur le prix de vente des titres. Il peut même arriver que les contreparties ne soient pas suffisantes sur le carnet d'ordres pour que le gestionnaire puisse clôturer ses positions.

Pour cette raison, certains modèles d'évaluation d'actifs prennent en compte une prime de liquidité. Ainsi, un actif peu liquide voit son cours théorique plus bas qu'un actif équivalent avec une liquidité importante. On peut citer comme modèle la méthode de Fama-French ou encore l'extension du MEDAF de Hamon. Investir dans une valeur peu liquide est plus risqué et en contrepartie, l'investisseur doit donc demander une rentabilité supérieure par rapport aux autres actifs.

On distingue en réalité deux types de risques de liquidité :

- Risque normal : Il correspond à l'écart de cours entre le prix qui aurait du être obtenu et le cours obtenu par l'investisseur. C'est pour lui une perte potentielle à la fois à l'entrée et à la sortie de position. Seuls les actifs liquides permettent à l'investisseur d'obtenir le prix de marché.

- Risque de crise : En cas de crise économique et financière, une crise de liquidité peut intervenir du fait de la méfiance des investisseurs vis à vis des différents actifs. Les spreads vont alors augmenter fortement. En effet, il y a beaucoup de vendeurs mais peu d'acheteurs. On parle alors de crise de confiance.

Une liquidité variable selon les classes d'actifs



Entre les différentes classes d'actifs, ils existent des écarts de liquidité important. D'une part, il faut distinguer les actifs qui s'échangent sur les marchés organisés et ceux qui se font de gré à gré. Les actifs qui s'échangent sur les bourses sont bien évidemment beaucoup plus liquides que les autres actifs. En effet, tous les échanges sont regroupés sur une ou plusieurs place financières. La confrontation de l'offre et de la demande y est donc plus intense.

La classe de l'actif est également un élément important. De manière générale, les produits dérivés sont moins liquides que les actions, les obligations ou les ETF. Les seules contreparties sur les produits dérivés sont la plupart du temps les banques émettrices du produit. Le spread est alors plus important. C'est le cas par exemple sur les warrants ou les certificats.

Enfin, il y a des écarts de liquidité important au sein d'une même classe d'actifs. Prenons le cas des actions. Les actions intégrées dans le CAC40 sont parmi les plus liquides du marché français. Un volume minimum d'échanges est d'ailleurs imposé pour qu'une action soit dans l'indice parisien. En revanche, les actions du SBF120 sont moins liquides et on trouve en queue de peloton les actions qui ne sont pas intégrées dans les indices de base. C'est le cas principalement des petites et moyennes entreprises. Les actionnaires sont peu nombreux et les échanges de titres peu fréquent.

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Auteur du livre "Trading à sens Unique" (consultable gratuitement sur CentralCharts)

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