Définition d'un ETF

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Qu'est-ce qu'un ETF?



Les ETF (exchange traded fund) sont des fonds indiciels cotés, également appelés trackers outre atlantique. L’objectif d’un ETF est de répliquer la performance d’un indice de référence. Ces fonds de placement sont sous la surveillance de l'autorité des marchés financiers (AMF en France).

Ces produits financiers connaissent un essor important auprès des particuliers depuis la crise de 2008. On peut facilement le comprendre au vu des nombreux avantages que possèdent les ETF. Mais attention, ces produits comportent des risques dont certains sont parfois cachés… De plus, il existe différentes techniques de gestion au sein des ETF pouvant générer des écarts de rendement plus ou moins grand par rapport à l’indice de référence. Il faut ensuite tenir compte de la fiscalité sur les ETF.

Ces fonds indiciels répliquent la performance des principaux indices boursiers (CAC 40, DAX 30, S&P 500…) mais devant le succès de ces produits, les émetteurs d'ETF tels que Lyxor ont considérablement diversifié leur offre, parfois au détriment des risques encourus par l’investisseur….


Les différentes techniques de gestion des ETF


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Gestion active / Gestion passive

: La majorité des ETF sont des fonds de gestion indiciel pratiquant une gestion passive. Le gérant de la société de gestion se contente de répliquer les performances de l’indice de référence en utilisant plusieurs méthodes que nous allons voir après. Depuis peu, les émetteurs d’ETF ont crée des trackers sur des fonds indiciels pratiquant une gestion active. Prenez garde de ne pas vous tromper dans le choix de votre ETF !

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Réplication physique

: Le gérant du fond indiciel coté essaye de reproduire le plus fidèlement possible les performances de l’indice. Cette méthode génère de nombreux frais de transactions pour suivre l’évolution de l’indice, frais que l’investisseur doit supporter. Le gérant du fond indiciel à 3 possibilités pour effectuer une réplication physique avec ses encours :

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Réplication pure

: Le gérant du fond de placement achète et vend les actifs composant l’indice de référence. La gestion est généralement automatisée pour suivre l’évolution des différentes capitalisations. Le gérant doit intervenir si un titre est sorti ou intégré à l’indice.

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Réplication statistique

: Le gérant cherche à constituer un portefeuille ayant la tracking error la plus faible par rapport à son indice de référence. Cette méthode permet de réduire le nombre de transactions mais demande plus d’efforts au gérant. Et les efforts, ca se paye…

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Réplication approximative

: Le gérant de l’ETF se contente d’investir dans les plus grosses capitalisations de l’indice. Les frais sont alors réduits mais la performance de l’indice n’est pas reproduite avec exactitude.

La réplication physique engendre un écart entre la performance de l’ETF et la performance réelle de l’indice. En effet, l’investisseur doit supporter des frais de transactions importants (de l’ordre de 1%) et il faut savoir si les dividendes versés sont réinvestis ou non. C’est pour cette raison que de nombreux gérants d’ETF choisissent un autre type de réplication permettant de réduire au minimum cet écart de performance (tracking error quasi nulle).

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Réplication synthétique

: Le gérant de l’ETF utilise des contrats de swaps pour reproduire fidèlement les performances de l’indice de référence. C’est la réplication la plus précise qui existe à ce jour (aucune réplication n’est parfaite) mais elle amène un risque supplémentaire, le risque de contrepartie. En effet, ces contrats sont émis par des banques, et si une des banques fait faillite, le contrat n’a plus de valeur. Pour limiter la perte maximale due à un défaut de contrepartie, un contrat de swap ne peut excéder 10% de la taille du fond de placement. Une contrepartie qui fait faillite c’est rare, mais la crise des subprimes nous a montré que même les plus grosses banques pouvaient faire faillite. 

Avec la gestion passive, le nombre de transactions (et donc les frais) sont considérablement réduits. Il est important de préciser qu’avec ce type de gestion, vous ne touchez pas les dividendes sur actions étant donné que l’ETF ne possède pas physiquement les titres financiers.


Un ETF peut-il reproduire avec exactitude les performances d’un indice ?


Non, un ETF ne peut que s’approcher des performances exactes de son indice de référence. Pourquoi ? :

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Frais de transactions

: Quelque soit la méthode de gestion utilisée par l’ETF, l’investisseur doit supporter des coûts de transactions. Ces frais de transactions sont variables selon l’indice de référence. S’il s’agit du CAC40, les frais seront faibles mais si vous choisissiez un ETF sur un indice plus exotique, les frais peuvent rapidement s’envoler. En effet, plus le produit est exotique, plus le spread est important…

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Rémunération du gérant

: Un ETF est toujours géré par un ou plusieurs gérants. Son travail doit être rémunéré ce qui vient alourdir la facture pour l’investisseur. Généralement, si les frais de transactions sont plus faibles, c’est que le gérant a plus de travail à effectuer. Il aura alors une rémunération plus élevée…

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Les dividendes

: Si vous investissez sur les actions, il faut savoir si les dividendes perçus sont réinvestis ou non. Si le gérant réinvestit les dividendes, un écart va se créer entre la performance de l’indice et la performance de l’ETF. En effet, en bourse, le versement d’un dividende est immédiatement retranché au cours de l’action.

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Fiscalité de l’ETF

: La fiscalité impacte de manière importante la performance réelle de l’ETF comme c’est le cas sur les actions. 


Avantages des ETF


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Cotation simplifiée

: Un ETF représente une fraction de son indice de référence. Si l’ETF représente 1/100 de l’indice, sa valeur va être 100 fois inférieure à son indice de référence. Par exemple, si le DAX cote 10 000, l’ETF va lui coter 100. La cotation de l’ETF est mise à jour quotidiennement ce qui offre un grand avantage par rapport au fond classique. 

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Facilité d’accès

: Contrairement à un fond classique, un ETF permet en un simple clic d’investir dans un fond indiciel. Les ETF fonctionnent comme les actions. L’achat et la vente sont quasi instantanés en vous adressant à votre broker habituel. Il n’y a pas besoin de signer de documents comme c’est le cas pour un fond de gestion passive ou active.

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Diversification

: Les ETF permettent une diversification de votre portefeuille bourse. La diversification est à la base de l’investissement en bourse mais peu de particuliers la maitrise. De plus, il est possible d’opérer une diversification géographique en investissant sur un fond lié à un indice étranger. Généralement, les particuliers se contentent de faire une diversification sectorielle qui est insuffisante. Les ETF offrent donc une bonne alternative d’investissement.

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Eligible au PEA

: La plupart des ETF peuvent être intégrés à un PEA et il est donc possible de profiter des avantages fiscaux liés à ce type de compte. Cela permet également d’intégrer des valeurs étrangères au sein de votre portefeuille, chose qu’il est impossible de faire si vous investissez de manière directe.


Fiscalité ETF



La fiscalité sur les ETF se fait à plusieurs niveaux :

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Fiscalité sur les plus values d’ETF pour les particuliers

: Il s’agit la du rendement annuel dégagé par l’ETF (normalement proche de celui de l’indice). Les ETF ont le même régime d’imposition que les actions. Vos plus values sont donc des plus values sur valeurs mobilières et sont imposés au barème progressif de l’IR. Vous pouvez bénéficiez d’un abattement de 50% si vous détenez vos parts depuis au moins 2 ans, et de 65% si vous les détenez depuis au moins 8 ans. Si vous avez des moins values, l’abattement est également applicable.

En plus de l’IR, vos plus values subissent 15.5% de prélèvements sociaux (sans tenir compte de l’éventuel abattement) avec une CSG déductible au taux de 5.1%.

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Fiscalité sur les revenus provenant d’ETF pour les particuliers

: Il s’agit la des dividendes que vous recevez. Vous subissez alors un prélèvement obligatoire de 21% et de 24% s’il s’agit de revenus provenant de titres étrangers. Les dividendes sont ensuite imposables au barème progressif de l’IR après un abattement de 40% de leur montant brut.

Il faut rajouter cela les prélèvements sociaux à hauteur de 15.5% comme pour les plus values sur ETF.

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Fiscalité sur les revenus pour l’ETF lui même

: Avant d’investir dans un ETF, vous devez savoir ou est domicilié le portefeuille de titres du fond indiciel et le cas échéant, savoir ou s’effectue la négoce de la contrepartie du swap. De manière générale, choisissez toujours un ETF domicilié dans le même pays que l’indice de référence auquel il est lié. Par exemple, si vous souscrivez à un ETF sur le DAX, il est important que le fond indiciel soit localisé en Allemagne ou que les contreparties du contrat sur les swaps soient allemandes. On peut citer un cas concret avec le versement des dividendes. Si l’ETF est allemand, les taxes prises à la source par l’Etat Allemand sont reversées intégralement à l’ETF. En revanche, si l’ETF est étranger, il récupère seulement 10% des taxes prélevés à la source…. Et ces taxes, c’est vous qui les payez au final !

C’est donc un élément très important qui peut crée des écarts de performances entre deux ETF adossés à un même indice de référence. Pour vérifier cette information, il vous suffit de contacter l’ETF.


Risques liés aux ETF 


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Risque de marché

: Investir sur un indice n’est pas la garantie de faire de la performance. Si les marchés boursiers s’écroulent, vous pouvez subir de lourdes pertes sur votre ETF. Cela a été le cas pour ceux détenant ce type de produit avant la crise des subprimes en 2008…. Les ETF peuvent donc mener à une perte d’une grande partie de votre capital, comme tout autre investissement. Ce n’est parce que c’est de la gestion passive que vous êtes protégez contre le risque de marché, ne l’oubliez jamais !

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Risque de contrepartie

: Si l’ETF utilise une méthode de réplication de l’indice synthétique à l’aide des contrats sur swaps, il y a un risque de contrepartie. L’émetteur du swap peut faire défaut et donc causer de lourdes pertes à votre ETF. N’oubliez pas qu’en temps de crise, tout est possible, la faillite de Lehman Brothers nous l’a démontré….

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Risque de liquidité de l’ETF

: Près de 65% des actifs sous gestion sont concentrés dans les 100 premiers ETF sur la bourse de Paris. Si vous choisissez ces ETF, vous n’aurez pas de problème mais si vous optez pour un ETF adossé à des produits plus exotiques, la liquidité peut chuter drastiquement. Choisissez uniquement des ETF très liquides ! et donc des indices de référence connus ! 

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Risque de liquidité des produits

: Les actifs (actions ou obligations) composant l’indice de référence peuvent être plus ou moins liquides. Si vous investissez sur des produits exotiques, il faut que l’ETF soit capable d’acheter/vendre ses titres à tout moment, sous peine de causer des écarts de rendements avec l’indice de référence.

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Risque de l’effet de levier

: Certains ETF proposent de l’effet de levier. Or la plupart des particuliers n’ont pas connaissance des risques encourus liés à l’utilisation de cet outil. Les pertes peuvent s’accumuler à un rythme beaucoup plus élevé que sur l’indice de référence…. SI l’effet de levier est de 3, la perte sera 3 fois plus l’importante sur l’ETF que sur l’indice.

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Les faux indices

: Devant le succès auprès des particuliers, les émetteurs (tels que Lyxor ETF) émettent des ETF sur tout et n’importe quoi. L’émetteur peut parfois crée son propre indice de référence pour surfer sur un phénomène de mode comme sur le bio et les énergies renouvelables. Le problème, c’est que ces indices n’ont aucune légitimité et comportent de nombreux risques (risque de liquidité, risque de contrepartie, manque d’informations….) en plus des risques habituels. Les particuliers eux tombent dans le piège et investissement massivement sur ce type de produit, sans même savoir l’indice de référence utilisé par l’ETF.


Conclusion


Les ETF donnent un accès simplifié à la gestion passive permettant de répliquer la performance d’un indice de référence. Toutefois, il existe toujours un écart de performance entre l’ETF et l’indice. La méthode de gestion offrant l’écart le plus faible est la réplication synthétique mais l’investisseur doit supporter un risque supplémentaire de contrepartie et ne perçoit pas les dividendes.

Il ne faut pas oublier que la performance de l’indice est brute. Pour avoir le rendement net, il faut inclure la fiscalité qui est identique à celle des actions. En revanche, il est important de sélectionner un ETF domicilié dans le pays de l’indice de référence afin de supporter moins de taxes sur les dividendes, et donc d’avoir une performance nette supérieure.

Si vous souhaitez investir sur les ETF, choisissez ceux adossés à des indices de référence connus (CAC40, DAX, DOW JONES…). On ne choisit pas un ETF pour sa performance, mais pour son indice de référence ! Evitez les indices trop exotiques ou créer de toute pièce par les émetteurs qui présentent de nombreux risques. Vous devez toujours connaître et comprendre les produits et les mécanismes liés à votre investissement !

A propos du posteur

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Auteur du livre "Trading à sens Unique" (consultable gratuitement sur CentralCharts)

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